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The House of Sleep – Jonathan Coe

House of Sleep Maison du sommeil Jonathan Coe
The House of Sleep – Jonathan Coe
Penguin Books, 1998, 341 pages
(VF : La maison du sommeil chez Folio)


Le livre se déroule sur deux périodes : les chapitres impairs sont dédiés aux années 83-84 et les chapitres pairs à la fin juin 96. Les deux moments ont pour points communs des personnages mais aussi une bâtisse construite non loin d’une falaise surplombant la mer en Angleterre. Dans les années 80, cette grande maison abritait un groupe d’étudiants ; dix ans plus tard, elle est devenue une clinique dédiée à l’étude des troubles du sommeil.


Ce livre est vraiment très bien fait et pourtant, au moment d’organiser mon avis, je me souviens surtout de tous ses défauts.
> Sa structure labyrinthique et mystérieuse rappelle What A Carve Up! (Testament à l’anglaise). Cependant, l’entrelacement des deux principaux fils de l’histoire manque parfois de consistance. Et, à lire l’auteur sur son site quant à la genèse de ce roman, on a confirmation qu’il avait bien au départ deux idées distinctes qu’il a réunies grâce à la maison. Si l’alternance des périodes donne un certain rythme à l’histoire, sur la distance la structure devient trop voyante au détriment du fond.

> Le résultat, bien que parfois assez déroutant, est réussi. C’est peut-être même parce que cette histoire est totalement insolite qu’elle accroche le lecteur.

> Le véritable point fort du livre, ce sont les personnages : Coe sait vraiment bien jongler avec une foule de personnages quelle que soit leur importance, ce qui m’avait déjà marquée dans What A Carve Up!

> Le plus gênant fut pour moi la trop grande ressemblance formelle avec What A Carve Up! Ainsi, ce qui est supposé surprendre tombe parfois à l’eau et le lecteur ne se laisse pas prendre dans les pièges tendus un peu trop grossièrement. On ne devine pas toujours avec précision ce qui va survenir mais les intentions de l’auteur sont par trop évidentes.

> Le style de Jonathan Coe ne plaira pas à tout le monde : direct, ne cherchant pas à « faire joli », aux formules qui en feront rire (ou au moins sourire) certains dont je suis quand d’autres n’y verront au mieux que des tentatives d’humour.


C’est ainsi que ce roman m’a paru excellent, en dépit de tous ses défauts. Le lecteur réceptif aux éléments décrits ci-dessus le lira avec avidité et en appréciera les détails qui épicent l’intrigue.

Parce qu'en l'espèce cela me semble important, je me permets de préciser que je ne lis cet auteur qu'en anglais et que je ne me rends absolument pas compte du rendu après traduction notamment en ce qui concerne le style (l'esprit plus que l'écriture elle-même), une donnée assez significative des livres que j'ai lus à ce jour.



Prix Médicis étranger 1998.