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La Rose dans le bus jaune – Eugène Ébodé

La Rose dans le bus jaune – Eugène Ébodé
Gallimard, 2012, 168 pages


1er décembre 1955. Montgomery, Alabama. Rosa Parks est une femme noire effacée qui ce soir-là est particulièrement fatiguée alors qu’elle rentre chez elle, en bus, après le travail. Elle est fatiguée physiquement et moralement et, alors qu’un Blanc souhaite s’asseoir à sa place dans le bus et que selon les lois en vigueur dans cet Etat raciste elle devrait se lever, Rosa ne bouge pas.

« Je suis simplement restée assise pour tenir debout. »

Cet acte non prémédité qui n’était pas le premier du genre sera pourtant le déclencheur de la lutte pacifique pour l’égalité des droits entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis avec pour leader le jeune et charismatique Martin Luther King.

A partir de ce fait historique, Eugène Ébodé a construit un roman (une « bio-fiction » selon ses propres termes), profitant que dans son autobiographie, Rosa Parks avait indiqué ne pas avoir tout dit ; c’est ainsi que l’auteur a choisi de la faire parler.

> L’histoire est racontée de façon vivante, au plus près des faits, heures après heures, jours après jours. Nous y rencontrons ceux, Noirs ou Blancs, qui ont œuvré pour que les choses changent en dépit de la peur, des dangers. L’auteur nous immerge totalement dans cette période de l’Histoire des Etats-Unis : on vit les événements comme si on y était, oubliant presque que l’on connaît déjà le dénouement.

> Si l’extrême humilité de Rosa est parfois un peu agaçante, son personnage est intéressant parce qu’il sera à la fois une inspiration sur la façon de mener les opérations (dans le calme mais avec fermeté) et un contrepoint aux événements qui représenteront un tournant historique majeur. Rosa Parks est entrée dans l’Histoire sans jamais rien revendiquer si ce n’est le droit de ne pas céder sa place parce qu’elle est fatiguée.

> L’évocation de l’Afrique en tant que fil conducteur secondaire ajoute une attractivité indéniable au récit, soulevant des questions souvent tues.


Ce roman qui reste assez « léger » et qui se lit très facilement est une sorte de point de départ pour qui veut approfondir les sujets qu’il traite.