Une mort pas très catholique – Agnès Dumont / Patrick Dupuis


Une mort pas très catholique – Agnès Dumont / Patrick Dupuis
Une mort pas très catholique – Agnès Dumont / Patrick Dupuis
Weyrich Édition, 2020, 192 pages


En rendant service à un ami, Roger Staquet, policier retraité, découvre un cadavre dans le logement fermé à clef. Simple crise cardiaque d’un diabétique ou mort suspecte ? C’est ce que Staquet, en duo avec Paul Ben Mimoun, jeune inspecteur au cœur brisé, va tâcher de comprendre.

Ce roman sympathique et de facture classique m’aura finalement surtout marquée par sa tonalité générale, la simplicité des personnages qui savent apprécier la vie comme elle vient et la relation entre Paul et Roger qui évite l’ornière de la caricature, tout en montrant un réel intérêt dans l’avancée de l’histoire.

Si je n’ai pas été happée par un suspense insoutenable (encore une fois, l’intérêt du livre dépasse l’enquête elle-même), j’ai apprécié la chute bien amenée et calibrée. Soulignons également que la construction n’a pas ce côté mécanique et trop léchée des livres sortant d’ateliers d’écriture : les auteurs prennent le temps de semer des détails sans relation avec l’enquête mais qui ajoute du plaisir et de la vie à une histoire qui sonne juste, humainement parlant.
Une lecture agréable qui donne envie de retrouver nos duos (d'auteurs et d'enquêteurs) pour de futures aventures.

Gray – Leonie Swann


Gray – Leonie Swann
Gray – Leonie Swann
 (Gray, 2017)
Nil, 2020, 432 pages
Traduction de Frédéric Weinmann


Augustus Huff, jeune enseignant à Cambridge et individu bourré de tocs, se retrouve embarqué dans la garde de Gray, le perroquet d’un de ses étudiants, récemment décédé. Elliott, féru d’escalade, a fait une chute mortelle : accident ou meurtre ? Avec l'aide de Gray, Huff part à la recherche de l'assassin.

J’avais eu très envie de lire Qui a tué Glenn ? le premier roman de l’autrice, sans jamais en prendre le temps. J’ai donc été ravie de découvrir cet ouvrage, idéal pour se détendre et passer un bon moment.
Le duo « d’enquêteurs » est attachant et bien rendu. Aussi bien Gray, avec sa verve, son caractère, sa vulnérabilité, que Huff, le prof décalé, l’outsider total. Si l’histoire reste superficielle, elle n’en est pas moins prenante et addictive et le mystère bien gardé. L’enquête tient en haleine et on se prend à soupçonner tout le monde.
Bien mené et agréable à lire, ce roman a su me séduire et j’ai hâte, désormais, de lire – enfin – l’histoire de Glenn le mouton.


Ce texte m’a été transmis par l’éditeur, via NetGalley.

Le pays sous le vent - Grazia Deledda


Le pays sous le vent - Grazia Deledda
Le pays sous le vent - Grazia Deledda
 (Il paese del vento, 1931)
Éditions Cambourakis, 2018, 152 pages
Traduction de Fabienne Andrea Costa & Chiara Monti


La jeune Nina grandit dans une famille modeste qui accueille des hôtes pour subvenir aux besoins de la famille.
Parmi eux, le lumineux Gabriele, dont Nina s’éprend secrètement. Mais il s’éclipse rapidement et, lorsqu’un autre pensionnaire demande la main de Nina, elle n’a d’autre choix que d’accepter, pour échapper à sa condition et quitter son village.


Grazia Deledda est dans mes objectifs de lecture depuis longtemps parce qu’elle a reçu le Nobel (en 1926) et que j’ai des lacunes en littérature italienne. Depuis que Cambourakis a réédité une partie (infime) de son œuvre, je lui tourne encore plus autour, sans arriver à me décider pour un titre en particulier. L’éditeur ayant donné accès à ce titre dans le cadre du confinement, j’ai enfin pu découvrir cette œuvre.

Dès les premières pages, on est embarqué dans cet univers désuet à travers la voix de Nina, personnage qui tient extérieurement de la femme discrète et, intérieurement, d’un mélange de naïveté profonde mais aussi d’exaltation.
En moins de 200 pages, l’autrice nous plonge dans une époque reculée et dans des paysages tourmentés. La nature tient d’ailleurs une place de choix, annonciatrice ou reflet des tourments de la narratrice. Bien qu’introspectif, ce récit est riche en événements phares qui empêchent tout ennui et l’intrigue garde un intérêt du début à la fin.

Si le personnage de Nina est souvent agaçant, Deledda sait aussi nous intéresser à son évolution et à ses états d’âme. C’est que l’écriture est agréable et évocatrice, même si les passages du passé simple au présent m’ont souvent troublée. De même, si le récit et les thèmes ont un côté vieillot auquel il peut être difficile de se rattacher, il est également délicat, subtil et lumineux.

Une autrice à (re)découvrir.


#lecturedeconfinement