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Comment j’ai appris à lire – Agnès Desarthe

Comment j’ai appris à lire – Agnès Desarthe
Stock, 2013, 175 pages


« Apprendre à lire a été pour moi une des choses les plus faciles et les plus difficiles. »

Agnès Desarthe retrace son cheminement dans l’apprentissage de la lecture, distinguant en cela le déchiffrage et la compréhension. En effet, l’auteur essaie de comprendre pourquoi elle a adopté très jeune ce qui s’avèra être plus une posture (« j’aime pas lire ») qu’une réalité.
Apprendre à lire, ce n'est pas seulement apprendre à déchiffrer des mots, c'est surtout comprendre comment et pourquoi la lecture fait sens.

« On nous distribue notre livre de lecture. Il s’intitule Daniel et Valérie. […] Je ne connais aucun garçon qui s’appelle Daniel. Aucune fille qui s’appelle Valérie. Ils ont un chien […] Je n’ai pas de chien. Ça commence mal. »

Ce livre est donc une sorte d'enquête, Desarthe revenant sur son parcours, s'attardant sur ses blocages, ses constructions mentales qui dépassent largement le cadre de la littérature. Et cela est comme une évidence puisque la littérature ne commence ni ne s'arrête aux livres mais constitue un miroir de nos vies. Elle aborde également la place de la traduction  et donc du langage.

Ce récit est réussi à double-titre :

> Il est à la fois profond et comique, explore de façon consistante son sujet sans élaborer un dogme. Agnès Desarthe aborde la question de façon décomplexée, non académique, sans pour autant faire l'impasse sur l'essentiel, cette quête du soi.

> En outre, c’est l’histoire de Desarthe que l’on suit et, en même temps, ses réflexions nous renvoient à notre propre histoire de lecteur. Son propos met en valeur des questions très profondes, essentielles, qui montrent que la lecture et ce que nous sommes (ou pensons être) sont intimement liés.


« À présent que lire est devenu mon occupation principale, mon obsession, mon plus grand plaisir, ma plus fiable ressource, je sais que le métier que j’ai choisi, le métier d’écrire, n’a servi et ne sert qu’une cause : accéder enfin et encore à la lecture, qui est à la fois le lieu de l’altérité apaisée et celui de la résolution, jamais achevée, de l’énigme que constitue pour chacun sa propre histoire. »