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A dire vrai, j’abandonne – Laurent d’Ursel

A dire vrai, j’abandonne – Laurent d’Ursel
La cinquième couche, 2009, 220 pages


Ce livre regroupe des œuvres nommées titreries, en ce que l’auteur réalise des montages où n’apparaissent que les titres de livres. Pour se faire, Laurent d’Ursel empile au minimum trois livres de poche de façon à ce que le spectateur ne voit que les dos des livres et il barbouille de peinture les noms des auteurs. Les titres sont ainsi mis en valeur et l’œuvre se lit de haut en bas, un titre après l’autre, l’ensemble visant à recréer un texte, une histoire.
On peut voir des exemples ici (en bas de page avec les définitions de titrerie qui constituent la quatrième de couverture, mais aussi sur le côté droit de la page).

D’après ce que j’ai compris du projet de l’auteur, l’idée est de déconnecter les titres des contenus des livres, de reprendre ces mots et de leur donner une nouvelle vie dans une « tentative de poésie plastique » (définition n°10/38).

J’aime beaucoup le procédé pour son côté ludique, plus que pour l’objectif artistique de Laurent d’Ursel. C’est amusant, voire stimulant quand on essaie de s’y livrer soi-même, mais je n’ai pas toujours très bien compris les choix de regroupements des œuvres dans les différentes parties. Quitte à réunir plusieurs œuvres sous une même thématique, autant que cela fasse sens de façon évidente.

Certains montages sont particulièrement réussis, quand d’autres laissent perplexe. Laurent d’Ursel ne semble pas suivre une seule logique (raconter une histoire à partir de titres) mais, même en cherchant bien, certains montages m’ont semblé relever de la fumisterie. En parallèle, d’Ursel donne le sentiment d'assumer totalement cet aspect, voire de le revendiquer.

La démarche est intéressante, les résultats inégaux mais il est très plaisant de feuilleter ce livre.