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L’Écharde du silence – Frédérique Martin

L’Écharde du silence – Frédérique Martin
L’Écharde du silence – Frédérique Martin
Éditions du Rocher, 2004, 170 pages


Les treize histoires qui sont rassemblées ici ont pour point commun d’évoquer les silences, qu’ils soient le fruit de fâcheries, d’une déperdition de sens entre deux êtres ou d’un manque d’audace à aller vers l’autre. Elles nous parlent aussi des douleurs qui sont à l’origine ou qui découlent de ces vides.


A partir de scènes du quotidien, Frédérique Martin nous montre combien nous sommes seuls au plus profond de nous-mêmes et combien il suffirait de peu pour que les êtres se rejoignent. Elle nous présente des situations classiques de non-communication mais aussi des silences qui relèvent du refoulement et sont donc si intimes que seules des décisions radicales peuvent y mettre fin. Il y a aussi les silences qui frisent l’autisme, coupant du monde les individus qui en sont porteurs.

Frédérique Martin sait mettre le doigt là où ça fait mal, nous renvoyant parfois à nos comportements mesquins ou lâches qui peuplent l’ordinaire.

Dans ces textes, nous rencontrons des personnages sans doute croisés ailleurs en littérature mais le ton vivifiant qui parcourt ces nouvelles leur donne une saveur renouvelée. On y devine une personnalité tournée vers la vie et les autres et qui, dès lors, ne peut s’empêcher de souligner dans ses nouvelles tout ce qui va à l’encontre de ces instants de partage entre les êtres.


Faites donc connaissance avec une femme qui s’étonne devant cet homme qui est son mari (« Un jour, je n’ai pas été assez attentive sans doute, je me suis retournée et il avait pris vingt ans. »), une autre qui se donne en spectacle pour avoir le sentiment d’exister, un lecteur mystérieux, un enfant mutique, un homme marqué par l’Histoire, une femme de poigne qui remarque que « la meilleure victime que l’on ait sous la main, c’est toujours soi », et bien d’autres encore.


Si ces textes sont rarement tendres dans les faits, ils le sont souvent dans le ton. Ils sont parcourus par une humanité qui nous donnent parfois envie de serrer dans nos bras ces personnages déboussolés, de leur dire que tout va bien se passer, qu’il ne faut pas avoir peur.


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