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Un dimanche au bord de l’autre – Françoise Guérin

Un dimanche au bord de l’autre – Françoise Guérin
Un dimanche au bord de l’autre – Françoise Guérin
Atelier du Gué, 2009, 126 pages


Hormis le plaisir de retrouver la plume de Françoise Guérin que j’avais déjà appréciée avec son recueil Mot compte double (c’est également le nom de son site collaboratif), j’ai été de suite à l’aise avec ce recueil, comme dans un divan de psy pourrais-je ajouter si j’avais jamais eu l’occasion d’en tester un. Le recueil alterne une nouvelle indépendante avec un texte en fil rouge, intitulé Divan.

Ce livre est extrêmement riche, proposant diverses façon d’appréhender des êtres en pertes de repères mais aussi de par le style de l’auteur. Françoise Guérin alterne les scènes émouvantes avec d’autres plus inquiétantes, sans oublier une pincée d’humour toujours savamment dosée et bienvenue.

Nous croisons évidemment des angoissés, mais aussi des manipulateurs, des fous furieux, des êtres à bout qui basculent soudain et un cas de métamorphose carrément bluffant !

Mais Françoise Guérin ne se contente pas de présenter des cas cliniques ou de traquer nos failles. Elle glisse, à l’occasion, quelques pensées bien senties sur le fonctionnement du système ( « J’ai envie de hurler que ce n’est plus possible, que ce monde marche à l’envers à vouloir rendre rentable ce qui ne le sera jamais. Pourquoi faudrait-il que la santé soit rentable ?[...] De quels ventres sont-ils nés, ces gens qui ignorent toute logique qui n’est pas comptable ? Pourquoi les laissons-nous choisir à notre place ? Pourquoi leur confions-nous nos destins ? »), recadrant ainsi le sujet sur l’humain. Car, en définitive, si le psychiatre soigne la tête, il soigne aussi le cœur, prend le pouls de la société. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que la société aurait bien besoin d'une psychanalyse ...

Avec délicatesse et son habituel sens du suspense, Françoise Guérin évoque des sujets sensibles, des douleurs cristallisées, livrant ici un recueil vraiment réussi, équilibré et qui se lit presque d’une traite en dépit des sujets évoqués.