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La fabrique du crétin - Jean-Paul Brighelli

La fabrique du crétin Jean Paul Brighelli
La fabrique du crétin - Jean-Paul Brighelli
La mort programmée de l'école
Folio documents, 2006, 208 pages


Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses « preuves » : l'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?


Aujourd'hui les connaissances et leurs transmissions sont complètement méprisées et seule règne la pédagogie, coquille vide d'attitudes et de discours sensés cacher une absence de fond criante. On ne permet pas aux élèves d'accéder à la culture, de sortir de milieux familiaux parfois défavorisés. Au contraire, on les complaît dans leur ignorance en leur faisant croire qu'ils savent déjà beaucoup et que leurs propos ont autant de valeur que ceux du professeur qui, dans ces circonstances, perd tout crédit. D'ailleurs, étant donné la formation (c'est un bien grand mot) qu'on lui propose, on voit mal comment un professeur a les moyens de faire classe. 

Brighelli revient sur le vocabulaire à la mode dans l'Education Nationale, vocabulaire témoignant d'une volonté ridicule de rejeter le passé sous couvert de technicisme. Par exemple, une leçon s'appelle aujourd'hui une trace écrite. En soi, ce changement de terminologie n'a l'air de rien. Pourtant, si vous utilisez le premier terme en lieu et place du second, estimant que votre interlocuteur vous comprendra de toute façon, vous vous trompez lourdement. Certes, vous serez compris, mais vous serez également repris aussitôt (j'ai testé pour vous).

L'analyse de Brighelli est très juste ; je peux malheureusement en témoigner. Comme la plupart des personnes qui critiquent sévèrement leur sujet, Brighelli est attaché à l'école et c'est pour cela qu'il dit les choses telles qu'elles sont : ne nous trompons pas de cible.



A lire, même si on a des enfants scolarisés, quitte à se faire des frayeurs. C'est encore la meilleure façon de les aider bien que tous les professeurs ne méritent pas d'être mal considérés voire méprisés, bien au contraire.